SAINT SEIYA : ARES

CHAPITRE 7 : COMME UNE POUSSIÈRE D’OR ...



Arès était assis sur le grand trône du temple d'Athéna. Revêtu de son armure resplendissante, tenant à la main la Lance de la Guerre, il avait rabattu sur son visage le masque moqueur du Seigneur des batailles, masque d'or aux yeux de platine, symbole du Malheur à venir. La transformation de Karl était pratiquement terminée. Ses cheveux noirs, allongés, étaient devenus blonds.
Arès éprouvait une véritable satisfaction à trôner à la place d'Athéna. Le temple de cette dernière avait été bâti après son passage au pouvoir, suite à la guerre civile qui avait vu la défaite du dieu de la Guerre. Tout avait été fait pour que ce nouveau temple écrase le souvenir de l'ancien (celui d'Arès) par sa somptuosité. Le nouveau maître du Sanctuaire voyait comme une délicieuse ironie un tel déploiement d'énergie pour l'oublier qui, finalement, lui profitait.
Par le seul pouvoir de sa pensée, Arès suivait les combats que menaient ses berserkers. Il avait confiance en eux, particulièrement en ses quatre généraux. Chacun d'eux symbolisait un aspect de la guerre : Yumar du Tengu était le maître du Feu, tombant du ciel pour détruire tout sur son passage ; Nam de la Chimère symbolisait les Flammes qui dévoraient les traces des civilisations vouées à disparaître sur les champs de bataille ; Michel de la Banshee était la voix du Malheur, l'annonciateur du funeste destin ; et celui qui se tenait en ce moment même immobile derrière son maître, Sutarji du Simorgh, était le messager de la Terreur, celui dont le vol provoque la panique chez les mortels.
Impassible, le dieu de la Guerre assistait, comme devant un film, à l'exécution des chevaliers du Sanctuaire. Pour lui, tout serait terminé d'ici le lendemain.

Sans son armure d'or, Mû serait allé rejoindre ses ancêtres. La hache de Talos lui avait porté un coup si puissant qu'il s'était enfoncé dans le sol. Mais son armure n'avait rien, sa réputation d'invulnérabilité n'était pas usurpée.
Lorsque Laelaps s'abattit pour la deuxième fois, Mû, bien que légèrement sonné, eut le temps de rouler sur le côté et l'arme de Jorge ne rencontra que le vide. Mais cette fois, le chevalier du Bélier ne s'en sortit pas indemne. Il se heurta à l'un des "murs électriques" de l'Empuse, et là encore ne dut son salut qu'à son armure. L'air crépita autour de lui alors qu'une décharge telle qu'il n'en avait jamais crû possible lui traversa le corps. Il pensa vraiment s'évanouir. Mais il devait se relever.
Mû entendit le rire des deux berserkers. Ils semblaient vraiment prendre plaisir à voir leur adversaire ramper.
_Que fais-tu, chevalier ? Demanda Elisaveta, le sourire toujours aux lèvres. Voudrais-tu tester une nouvelle fois l'efficacité de "l'Etreinte de l'Empuse" ?
En effet, Mû approchait lentement sa main d'un des deux murs électriques. Il le toucha. Il ne se produisit rien. Silence. Incrédule, le berserk de l'Empuse observait, attendant les conséquences du geste du chevalier d'or. La voix de celui-ci s'éleva, sentencieuse :
_Si le "Crystal Wall" n'a pas marché avec Laelaps, il parvient néanmoins à protéger ma main contre ton "Etreinte".
Elisaveta se souvint trop tard que le "Crystal Wall" protégeait, mais aussi renvoyait les attaques. Son bras gauche reçut de plein fouet l'énergie électrique du "mur" qu'il avait créé. Le berserk de l'Empuse s'effondra et le champ électrique s'éteignit.
Jorge de Talos serra les dents :
_C'est bien joué, chevalier d'or, mais c'est insuffisant pour te débarrasser de nous.
Néanmoins, Mû avait l'avantage et ne le laissa pas lui échapper. Sans répondre, il lança son attaque :
_"Stardust Revolution !"
L'attaque du chevalier du Bélier avait la forme d'une multitude d'étoiles filantes. Mais lorsque celles-ci atteignirent l'armure du berserk de Talos, elles ne firent que crépiter comme de la pluie sur un lac de lave.
Jorge sourit :
_Dans la mythologie, Talos était un géant de métal dont le cœur en fusion faisait chauffer l'armure à blanc. Ainsi, l'armure berserk de Talos est-elle extérieurement en perpétuel état d'incandescence. Tes attaques s'évaporeront sur elle et tes poings brûleront si tu essaies de me frapper.
Un profond abattement s'empara de Mû. Il avait désormais la certitude de la défaite prochaine du Sanctuaire. Aussi ne réagit-il même pas lorsqu'il vit Jorge brandir Laelaps pour la lui projeter.

Le même abattement s'était emparé d'Aldébaran. Corrado du Péryton jouait avec lui comme avec une poupée et faisait durer le plaisir. Le chevalier du Taureau croyait voir son adversaire alors que celui-ci était ailleurs, et à chaque fois, les "Serres de l'ombre" s'abattaient sur lui. Son armure d'or avait beau atténuer le choc, la douleur restait à la limite du soutenable, le berserk veillant bien, cependant, à ce que son adversaire souffre sans perdre connaissance.
Aldébaran continuait à lancer des attaques inutiles, car il ne pouvait rien faire d'autre. Il devait tenir, se battre, et vaincre, même en sacrifiant tout. Sa vitesse ne lui permettait pas de prendre l'avantage, car, outre le fait (trop souvent oublié) qu'un chevalier d'or n'atteint réellement la vitesse de la lumière qu'en cas d'absolue nécessité, inconsciemment, il se fiait trop à ses yeux. Petit à petit, une certitude s'imposa à lui : pour vaincre, il devait se débarrasser de ses yeux. A moins que ...
Le Péryton cessa ses attaques et prit un air ennuyé :
_Tu sais, tant que tu seras revêtu de ton armure d'or, je n'arriverai pas à te porter de coups mortels.
Aldébaran s'immobilisa. Il n'avait droit qu'à une seule chance. Il devait se concentrer.
Corrado crut que l'abattement du chevalier du Taureau était tel qu'il attendait, immobile, la prochaine attaque. Il ne percevait pas encore l'augmentation du cosmos de son adversaire.
Pour Aldébaran, tout était devenu clair. Il savait, avec certitude, que le berserk volait au-dessus de lui, alors qu'il le voyait courir vers lui de face. Mais il ne devait pas le frapper maintenant ; même si son cosmos lui indiquait désormais la présence de son ennemi, cela n'avait plus d'importance. Il sentit à peine le Péryton lui arracher son casque d'un seul coup. Corrado se retourna vers Aldébaran :
_Maintenant que tu n'as plus de casque, je vais pouvoir t'arracher la tête !
Ce fut seulement alors qu'il se rendit compte de l'augmentation rapide et incroyable de la cosmo-énergie du chevalier d'or. Seuls les chevaliers prêts à se sacrifier dans un ultime coup pouvaient augmenter leur puissance aussi rapidement. Le berserk était trop stupéfait pour parler. Il vit Aldébaran se tourner vers lui alors que le chevalier d'or était censé ne pas le voir.
Le chevalier du Taureau déclara :
_Maintenant je possède la force nécessaire pour te vaincre en un coup. Mais je n'ai pas droit à l'erreur.
Et il croisa les bras sur sa poitrine. Le guerrier d'Arès comprit d'un seul coup quel était le dessein de son adversaire. Mais il avait lui aussi une chance de l'arrêter s'il le frappait mortellement en un coup. Il bondit en hurlant :
_Non ! Tu ne pourras pas !
Mais c'était trop tard. L'attaque du chevalier d'or partit à la vitesse de la lumière. Même le berserk ne pouvait l'anticiper.
_Par la Charge du Taureau !
C'était une attaque semblable à la Corne du Taureau : une vague d'énergie dévastatrice. Mais elle était bien plus puissante. Elle ne frappait pas une cible précise, mais s'élargissait progressivement sous la forme d'un cercle ayant pour centre Aldébaran. Ainsi, où qu'il se puisse se trouver dans le temple du Taureau, le berserk du Péryton serait frappé de plein fouet.
En un instant, une lueur aveuglante s'empara du temple qui s'effondra en poussière.

Dans la maison du Bélier, Jorge de Talos arrêta son geste et se retourna vers la sortie du temple, d'où l'on pouvait voir la maison du Taureau. Le berserk perçut l'explosion et la destruction de ce temple.
_Malédiction ! Rugit-il à l'adresse de Mû. Ton compagnon du Taureau a réussi à éliminer l'un des nôtres ! Mais apparemment, ça lui a coûté cher...
Mû avait vu l'effondrement de la maison du Taureau, qui avait duré un instant. Il avait senti le cosmos d'Aldébaran augmenter brusquement, puis s'éteindre en même temps que celui du berserk qui se trouvait là-bas.
_Merci, murmura-t-il. Je sais désormais ce que je dois faire.
Il vit Laelaps fondre sur lui telle la foudre. Mais il se contenta d'écarter les bras. La hache s'immobilisa. Jorge sourit.
_Tu sais bien que ton "Crystal Wall" est inutile, chevalier.
Le sourire disparut. Le berserk fit un pas en arrière. La puissance du chevalier d'or avait sensiblement augmenté.
_Cette fois, dit Mû, ce ne sera pas aussi simple.
Un crissement ... Et la hache de Platine, qui avait heurté le nouveau Crystal Wall de Mû, se craquela. Puis elle s'effondra en morceau sur le sol.
_Adieu, guerrier d'Arès ! Lança le chevalier d'or. "Stardust Revolution !"
L'attaque était trop rapide pour que Jorge puisse l'éviter complètement, mais cette fois encore, elle n'eut aucun effet sur l'armure incandescente du berserk. Mû avait sous-estimé son adversaire et n'avait pas augmenté suffisamment son cosmos. Mais il ne se laissa pas décourager et déclara :
_Sans ta hache, tu ne peux plus me porter de coups.
_C'est ce que nous allons voir, chevalier d'or, prononça le berserk de Talos. Reste seulement un peu immobile ...
A ce moment-là, le chevalier du Bélier sentit une main gigantesque l'écraser. Il vit Elisaveta de l'Empuse, qui s'était relevée. Elle était en train de le broyer avec son "exosquelette" électrique.
Jorge de Talos murmura :
_Tu nous as tenu tête trop longtemps, Mû de Jamir. Maintenant la plaisanterie a assez duré...

Shaka était un chevalier redoutable. Nam de la Chimère s'était imaginé capable de l'éliminer en quelques coups mais il était clair désormais que le chevalier de la Vierge ne se laisserait pas avoir aussi facilement. Néanmoins, sa situation était précaire. Lui qui, jadis, écrasait ses ennemis en quelques mots n'avait pas pu, jusqu'ici, porter une seule attaque au guide de la branche Occidentale. Il se retrouvait réduit à créer autour de lui des boucliers protecteurs chaque fois que le berserk le frappait. N'y tenant plus, il déclara :
_Je n'ai jamais été mené de cette façon ! C'est une habitude de berserkers, d'humilier ses adversaires ?
_Non, c'est purement personnel, répliqua Nam. Au Viêt-nam, j'appartenais à une famille noble. Une sorte de seigneur. Les évènements de là-bas m'ont placé dans le camp des victimes. Au lieu de me tuer, on m'a humilié durant toute mon enfance. Et je n'ai jamais rien dit. Seulement, je me suis entraîné, et quand j'ai reçu cette armure, j'ai retrouvé et massacré tous mes anciens tortionnaires. Ca ne m'a pris qu'une journée, mais je me suis rendu compte qu'au fond, l'humiliation est bien plus amusante que la mort. Mais je devrais arrêter de dire n'importe quoi : j'ai un serment à accomplir. Je dois te tuer, toi, le plus puissant des chevaliers d'or, l'être le plus proche de Dieu, sans recevoir un seul coup !
Shaka bondit :
_Je relève ce défi. Tu ne sortiras pas indemne de ce temple. Je t'aurais blessé avant que tes flammes ne me transforment en poussière d'or ...
_Il fallait dire tout de suite que tu n'aimais pas les flammes ! Par les Cornes du Démon !
Tels des épées, les bras du berserk fendirent l'air. Le coup pourfendit le bouclier psychique de Shaka. Celui-ci vacilla. Et ouvrit les yeux.
Nam sourit :
_Tes battements de paupière ne me font pas peur.
De nouveau, les Cornes du Démon frappèrent le chevalier d'or, de plein fouet cette fois. Shaka ne bougeait plus. L'attaque du berserk avait entamé son armure ! Mais lui aussi était prêt désormais à frapper un grand coup.
Il prononca telle une sentence :
_L'attaque ultime, mercenaire d'Arès ! Le Châtiment du Ciel ! Aucune de tes deux attaques ne pourra l'arrêter !
_Tu connais mal la Chimère, chevalier. Trois têtes, trois attaques ! Par les Crocs de la Vipère !
Le Châtiment du Ciel provoqua une tempête, mais, griffes droites en avant, le guide d'Occident la traversa. Il se retrouva derrière son adversaire. La tempête s'était brusquement arrêtée. Sans se retourner, Nam dit simplement :
_Tu es vaincu.
_Oui, murmura Shaka. Mais ton pari ...
_Quoi ?
_Tu l'as perdu.
L'avant-bras droit du berserk, qui avait traversé le Châtiment du Ciel et l'armure de la Vierge, explosa littéralement. La Chimère voulut hurler sa rage à son ennemi, mais il se rappela que c'était inutile. Devant lui ne restait que l'armure endommagée de la Vierge, entourée d'un nuage déjà dispersé par le vent. Un nuage de poussière d'or ...

Milo du Scorpion était plus mort que vif. Il n'avait jamais été aussi gravement blessé depuis ... En fait jamais ! En face de lui, l'armure du berserk Elena de la Kère était percée de trous, mais la guerrière d'Arès n'en avait senti aucun.
Neuf ! Neuf fois la piqûre du Scorpion avait touché la jeune fille (Milo se demandait si le terme de "jeune folle" n'était pas préférable). Elle n'avait rien senti ! Les généraux du Dieu de la Guerre savaient ce qu'ils faisaient en envoyant une hystérique dans la maison du Scorpion. Seule la mort pourrait l'arrêter.
Mais le pire, c'était que neuf fois également, les griffes de la Kère avaient frappé le chevalier d'or. Des griffes qui avaient presque toutes prises une teinte pourpre. Milo préféra changer de méthode. Il fallait arrêter ce carnage.
_Par l'immobilisation du Scorp ...
Dans la seconde qui suivit, Milo tira deux conclusions. La première, c'est que seule son attaque de la piqûre du Scorpion était assez rapide contre son monstrueux adversaire. La seconde était qu'un coup de pied renforcé d'une jambière de platine, en plein dans la mâchoire, était certainement mortel quand on ne portait pas un casque en or.
Elena replia ses ailes et atterrit :
_Tu as de la chance, chevalier d'or, que j'ai utilisé le "Vol du Destin" plutôt que les "Griffes de la Kère". Mais n'essaie plus de m'immobiliser encore une fois, ou il n'y en aura pas de troisième !
Milo se releva, et dans le même temps, lança cinq piqures d'un seul coup ! Le berserk frappa, griffes déployées. Cinq nouveaux troux apparurent sur l'armure de la Kère. Elle avait, depuis le début du combat, été touchée partout, sauf à la tête. Et pourtant, elle ne sentait toujours rien.
Cinq filins de platine reliaient les griffes de la main gauche de la Kère au flanc gauche de Milo. Celui-ci savait qu'il ne survivrait pas.
Elena s'écroula sur le sol, mais cela n'empêcha pas les fils de devenir rouges. Les griffes de la main gauche du monstre devinrent luisantes.
Milo s'effondra. Il avait gagné, mais seul un miracle pouvait le sauver.
Soudain, un rira hystérique s'éleva dans le temple et la Kère se redressa, les yeux injectés de sang. La douleur l'avait réellement rendue folle, mais n'avait pas réussi à la terrasser.
Alors que sa vue se brouillait, le chevalier d'or du Scorpion vit son adversaire charger en riant. L'instant d'aprés, un fil de platine reliait sa gorge à la griffe de l'index droit du berserk. Celui-ci riait toujours.
Milo crut qu'il avait échoué, lorsque la griffe de l'index se brisa. Le filin était rompu.
_Antarès ... murmura-t-il.
La quinzième et dernière piqûre du Scorpion avait traversé la griffe de la Kère et l'avait touchée en plein front. Le rire s'arrêta. Le casque se brisa. La guerrière tomba sans vie sur le sol.
Milo pensait à Hyoga du Cygne. Lorsqu'il avait reçu les quinze piqûres du Scorpion, il était en train de mourir, et pourtant, il se battait toujours. Milo aussi allait mourir. Mais, lui aussi, il devait se relever.

Aiolia était fou de rage et, paradoxalement, était réduit à l'impuissance. Bien qu'il évitait avec une relative facilité les attaques d'Anna de Lamia, il ne pouvait riposter. Salvatore du Telchine, le "gamin" en armure de platine, s'interposait à chaque fois.
Le chevalier d'or du Lion savait que la patience était la dernière de ses vertus, mais il ne pouvait se résoudre à frapper un enfant. Pourtant, il avait progressivement senti la diminution des cosmos de Mû et de Milo. Et maintenant, il sentait la disparition de ceux d'Aldébaran et de Shaka. C'en était trop ! Il tenta une ultime manœuvre pour éloigner l'enfant :
_Gamin, le sort du Monde est en jeu, et je dois aller aider mes amis, sinon ils risquent de mourir. Alors je vais pulvériser ta coéquipière, et toi aussi, si tu ne t'écartes pas !
Le berserk de Lamia s'était immobilisée, debout derrière le jeune Salvatore, et vaguement inquiète. Mais l'enfant ne fit aucun mouvement. Aiolia ferma les yeux.
_Par l'Eclair foudroyant !
L'explosion de la boule de feu aveugla pendant un instant le chevalier d'or, qui se rendit compte que les deux berserkers avaient disparu.
Une voix nouvelle et désagréable s'éleva :
_Incroyable ! J'étais certain que tu ne le ferais jamais !
Aiolia se tourna vers la voix.
Anna de Lamia se tenait, indemne, aux côtés d'un nouvel adversaire, un berserk adulte cette fois, au visage souriant recouvert de signes étranges sous les yeux? Quant à son armure ... C'était la même armure que celle de l'enfant, qui, lui, avait disparu.
_Qui es-tu ? hurla Aiolia au nouveau venu, bien qu'il commençât à se douter de la réponse.
Le sourire du berserk s'accrut :
_Salvatore du Telchine, bien sûr ! Sous une forme plus proche de la réalité.
Le chevalier d'or était atterré, mais il se ressaisit vite en comprenant la fourbe manipulation à laquelle il avait été soumis. Il allait frapper sans s'attarder en explications lorsqu'il se rendit compte que des bourrasques de vent glaciales entraient dans le temple, alors qu'on était en plein été.
_Maintenant que j'ai repris ma véritable apparence, chevalier du Lion, reprit Salvatore, ce sera moi ton adversaire. Apparemment, ça n'a pas l'air si terrible vu ma fragile constitution physique, mais si tu te dis que je me suis moi-même rajeunit tout à l'heure, que j'ai évité sans problème ton attaque et que j'ai fait entrer un froid venu de nul part dans ton temple, alors le combat devient plus sérieux.
Et, en effet, Aiolia se rendit compte de l'extraordinaire cosmo-énergie de son chétif adversaire. Il le laissa alors s'expliquer, tout en concentrant son propre cosmos.
_Vois-tu, continua le berserk, Arès m'a choisi alors que je suis loin de posséder l'entraînement nécessaire. Mais, dès mon enfance, je me suis résolu à pallier mes déficiences physiques par mon esprit. Tu sais certainement que certains chevaliers possèdent des pouvoirs psychiques. Eh bien ! Ils restent sans comparaison avec les miens. J'avais fait le serment de me vouer à toute puissance qui me permettrait de les utiliser, en sachant très bien que ce serait à coup sûr une puissance maléfique. Et ce fut Arès, avec l'armure du Telchine. J'ai vendu mon âme pour la puissance de l'esprit. Désormais, j'ai le pouvoir de maîtriser le temps sous toutes ses formes. La forme météorologique, d'où le froid, et la forme spatiale, d'où mon rajeunissement de tout à l'heure, et le bond dans le futur que j'ai fait afin d'éviter ton attaque ... (inspiré du changement de forme des Telchines de la mythologie).
Aiolia avait la certitude que Salvatore était fou, et il n'hésita plus une seconde pour lancer son Eclair foudroyant. Mais il n'y parvint pas. Ses mouvements étaient devenus extraordinairement lents. Il entendit le berserk du Telchine murmurer :
_Je t'avais dit que j'étais invincible, mais tu es tout de même resté fidèle au Sanctuaire. C'est très noble, mais du viens de signer ton arrêt de mort.
Alors qu'Aiolia était immobilisé par le pouvoir de Salvatore, un éclair d'une puissance surnaturelle s'abattit du ciel juste sur lui.
L'instant d'après, le berserk ne contemplait plus que l'armure du Lion crépitante, recouverte d'une poussière d'or ...

Quand Nam de la Chimère sortit du temple de la Vierge, il essaya de faire le point. Il avait éliminé son propre adversaire, mais ses hommes ne s'en étaient peut-être pas aussi bien sortis. Il sentit que le chevalier d'or du Bélier était toujours vivant, mais Jorge et Elisaveta n'avaient certainement pas besoin d'aide. Le Taureau était apparemment mort, mais il avait entraîné Corrado avec lui ... Nam serra les dents. C'était inadmissible ! Néanmoins, seul face à un chevalier d'or, le berserk du Péryton avait fait tout son possible. Le guide de la branche Occidentale sentit aussi la disparition du cosmos du Lion, et ce, sans aucune perte parmi ses troupes. en revanche, Elena était morte, alors que le Scorpion était toujours vivant, bien qu'il n'en ait plus pour longtemps. Ceci étant, il fallait se méfier de ces chevalier d'or, et Nam partit pour achever Milo. C'est alors qu'il sentit un redoutable cosmos se diriger vers la Maison du Bélier. Ce n'était pas possible ! Il était toujours vivant ! Jamais deux berserkers ne pourraient faire face à deux chevaliers d'or ! Il fallait intercepter celui-là !
Mais, au moment où il fit demi-tour, Nam se retrouva face ... à la maison des Gémeaux ! Comment était-il arrivé là ?
Mais il n'était pas seul. Sous le porche de ce temple se trouvait ... Un chevalier d'or ! Et c'en était un nouveau, très différent de celui qui était en train de rejoindre Mû.
_Qui es-tu, toi ? Cria la Chimère.
Sortant de l'ombre, le chevalier déclama simplement :
_Je suis le chevalier d'or des Gémeaux.
Nam recula.
_C'est impossible ! Saga est mort lors de sa révolte contre Athéna !
Le chevalier d'or sourit.
_En effet, mon frère est mort. Mais je suis Canon des Gémeaux.

A SUIVRE ...

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